vendredi 29 avril 2016

La confusion entre autisme et haut potentiel


« Les autistes, au fond, ce sont tous des génies »
« De toute façon c’est un surdoué, il vit dans sa bulle d’autiste »
Qui n’a jamais entendu ou formulé ce genre d’affirmation ? Beaucoup de gens ne font pas la différence entre autisme et haut potentiel et n’hésitent pas à mêler allègrement ces deux concepts pour évoquer un individu perçu comme à la fois brillant et marginal, ou juste bizarre.

En outre, la pop culture a tendance à entretenir cette confusion. Êtes-vous capables de déterminer si Sheldon Cooper de The Big Bang Theory est un surefficient mental, un autiste ou les deux ? J’ai la flemme de vérifier, mais je suis sûre que ce débat est plus violent que le conflit pain au chocolat VS chocolatine. Dans les séries, les HP sont souvent représentés comme également autistes (qu’il s’agisse d’autisme réel ou de clichés populaires à ce sujet) et les autistes s’avèrent être en général des génies incompris. Prodiges marginaux, envahis de tocs, à des années-lumière de comprendre les normes sociales et les émotions d’autrui… le rapport haut QI/autisme s’impose alors dans l’esprit du spectateur.

"On pleure parce qu'on est triste. Par exemple, je pleure parce que les autres sont stupides et cela me rend triste." Sheldon Cooper
Mais qu’en est-il vraiment ? Est-ce décent ou non de comparer les autistes et les HP ? Qu’est-ce qui les différencie l’un de l’autre ?

Pourquoi on mélange tout, déjà ?

C’est vrai quoi, si la méprise existe elle doit bien avoir une origine ! Il existe en effet des points communs entre l’autisme et le haut potentiel et il n’est pas absurde de confronter ces deux notions. Voici les éléments incriminés :

  • Dans les deux cas, la personne est dotée d’un fonctionnement cognitif différent de la norme, influant profondément sur sa façon de réfléchir, de ressentir et de percevoir le monde.

  • Dans les deux cas, la personne est en décalage par rapport aux autres, à des degrés variables : cela se traduit par exemple par des difficultés à communiquer, à s’adapter aux normes et à comprendre leur sens ou leur utilité… D’où le fait qu’elle soit plus à l’aise en présence de personnes fonctionnant comme elle, diminuant ce décalage.

  • Dans les deux cas, la personne est hypersensible : ses émotions bouillonnent, elle est facilement anxieuse, ses sens sont plus affûtés et elle est atteinte d’un déficit d’inhibition latente plus ou moins envahissant. (Ce dernier est beaucoup plus fort chez les autistes.)

  • Dans les deux cas, la personne peut présenter des attitudes ou comportements hors-normes. (Tocs, habitudes excentriques, façon particulière de bouger, de parler…)

  •  Dans les deux cas, la personne peut être très à l’aise avec la logique et les chiffres.

  • Dans les deux cas, si la personne n’a pas identifié sa différence, elle a tendance à croire que tout le monde fonctionne comme elle, ce qui accroît les malentendus et le sentiment d’incompréhension. Bah oui y’a pas de raison, elle n’a jamais vécu dans une autre tête que la sienne.

  • Dans les deux cas, la personne est perçue comme immature lorsqu’elle est enfant et cet aspect puéril peut perdurer jusqu’à l’âge adulte.

  • Dans les deux cas, la personne naît ainsi et le reste toute sa vie. Vous pouvez tout plaquer, rester H24 devant votre ordi et ne plus parler à personne (hormis à votre guilde de d’elfes-nains des bois maudits), vous ne deviendrez pas un autiste : vous deviendrez juste un no-life. Vous pouvez aussi offrir à votre gamin l’intégrale des Misérables pour ses 7 ans : il ne deviendra pas un HP, il deviendra juste allergique aux classiques du XIXe siècle. On ne peut « guérir » de l’autisme ou « devenir normal » quand on est HP : on peut juste apprendre à mieux vivre avec sa différence.

  • Ni l’un ni l’autre ne sont considérés comme des maladies. L’autisme (aussi appelé trouble du spectre autistique) est un trouble du développement, tandis que le haut potentiel n’est pas un trouble mais désigne simplement une structure cérébrale particulière associée à un haut QI.

  • Un HP peut être atteint du syndrome d’Asperger (une forme d’autisme sans retard intellectuel et verbal) et un autiste peut avoir un haut QI. Eh ouais ils font vraiment tout pour vous embrouiller en plus, les saligauds…


Et donc, quelles différences ?

Les différences entre autisme et haut potentiel résident principalement dans les causes qui ont amené l’individu à posséder ses caractéristiques hors-normes. En fait, s’ils peuvent se ressembler extérieurement (je dis bien « peuvent », parce que c’est loin d’être systématique), un autiste et un surefficient mental ont un fonctionnement interne très différent.  
Tout d’abord, voyons les différences liées à ce fameux QI, puisqu’il semble souvent impliqué dans l’affaire :

  • Le QI d’un HP est d’au moins 130, ce qui correspond à deux écarts-types au-dessus de la moyenne (100). Certaines exceptions existent, par exemple lorsque les résultats du test sont trop hétérogènes pour être exploitables, ou jugés biaisés par certains facteurs tels qu’un trouble de l’attention, une dépression… Le diagnostic est alors surtout posé en fonction des tests d’évaluation psychologique accompagnant le test de QI. On estime qu’il n’y a pas plus d’autistes parmi les HP que parmi les non-HP (environ 1 %).   
  • Un autiste peut présenter un retard mental (on parle d’autistes de Kanner) ou ne pas présenter de retard mental (on parle d’autistes de « haut niveau » et d’autistes Asperger, capables d’interactions sociales). Le point de bascule entre présence ou absence de retard mental se situe en théorie à deux écarts-types en-dessous de la moyenne (soit un QI de 70), mais comme pour le cas des HP, la réalité est plus complexe et nuancée. Ceci explique qu’il soit possible pour un autiste d’avoir un haut QI et même de passer à la télé avec l’étiquette « autiste savant », tandis que d’autres ne seront jamais capables de parler ou de vivre en autonomie. On estime que la proportion d’autistes à haut QI n’est pas plus élevée que la proportion de non-autistes (dits neuro-typiques) à haut QI (environ 2 %).
En conclusion, la majorité des HP ne sont pas autistes et la majorité des autistes ne sont pas HP. La plupart du temps, lorsqu’on désigne une personne comme étant les deux à la fois, il s’agit d’une confusion entre les caractéristiques de chacun (et donc plus spécifiquement entre les HP et les autistes de haut niveau).

Autre point qui induit trop de psychologues de comptoir innocents en erreur : les spécificités d’ordre psycho-social. C’est là qu’on entre dans le vif du sujet et qu’on peut dégager les divergences cruciales entre nos deux « cas », celles qui vous permettront de ne plus jamais les confondre. Et comme j’adore énumérer des trucs, c’est parti pour une nouvelle liste comparative ! (Ici sont présentés des cas généraux : n’oubliez pas les nuances ! C’est très important les nuances…)
  •      L’autiste ne perçoit pas les implicites. Il ne saisit pas ou comprend mal les normes sociales, notamment lorsqu’elles sont tacites (savoir à quelle distance d’une personne il faut se tenir quand on lui parle, deviner quand c’est son tour de parler dans une conversation, etc.). Il peut les apprendre, mais elles ne lui sont pas innées et lui réclament un effort d’adaptation. Pour cette raison, il peine à comprendre les sous-entendus et le second degré. Le surefficient mental, lui, perçoit les implicites : il jouit même d’une compréhension fine des normes sociales et des rapports humains. Cependant, cela ne supprime pas son décalage… Il peut trouver ces normes inutiles, absurdes et avoir une réticence ou des difficultés à s’y conformer. Quand un HP vous dit « Franchement je comprends rien aux relations humaines » après que sa copine non-HP l’ait largué en le traitant de cas social, il sous-entend en réalité : « J’ai parfaitement analysé et compris les rouages des relations humaines : j’en déduis qu’ils sont mal foutus. Pourquoi personne ne voit que j’ai raison ? ». (Tenez, voici le genre d’implicite que les HP passent leur temps à relever.) Le surefficient adulte aime faire des sous-entendus et abuser du second degré (je spécifie « adulte », car les enfants HP prennent plutôt ce qu’ils entendent au pied de la lettre, ce qui nourrit la confusion avec les autistes). Il peut se montrer cynique et apprécier l’humour noir.  

  •      L’autiste a du mal à identifier les émotions des autres, surtout quand elles ne sont pas exprimées explicitement. Il pourra s’isoler par peur de se retrouver démuni face au comportement d’autrui et de réagir d’une façon inadaptée. Le surefficient, au contraire, est hyperempathique : il absorbe les émotions des autres comme une éponge, consciemment ou non. Il risque un état de surcharge émotionnelle uniquement en captant les « ondes » des personnes autour de lui. Il pourra s’isoler pour éviter l’épuisement. (Bande de prédateurs !)

  •      Nos deux cas peuvent paraître immatures lorsqu’ils sont enfants, puis le rester une fois adultes. Ils le sont en partie à cause de leur sensibilité accrue, mais pas que. L’autiste peut avoir un retard affectif, qui se manifeste durant l’enfance et peut se poursuivre à l’âge adulte. Lorsqu’il est enfant, le surefficient mental manifeste pour sa part une « dyssynchronie interne », un décalage entre son âge intellectuel (en avance) et son âge affectif (normal) :  il n’est pas en retard par rapport aux autres enfants, mais son âge intellectuel le rend capable de comprendre des notions que son âge émotionnel ne peut assumer, ce qui crée des incohérences dans son comportement (comme disserter sur les gangs criminels au Japon puis pleurer parce qu’il ne retrouve pas son doudou… -on est d’accord qu’il n’y a rien de plus dramatique, si ça se trouve il s’est fait kidnapper par la maffia). Bien que sa dyssynchronie disparaisse en grandissant, ce n’est pas le cas de son hypersensibilité, c’est pourquoi il garde toujours son âme d’enfant.

  •    L’autiste a tendance à développer très jeune un « intérêt spécifique », un centre d’intérêt précis et obsessionnel dans lequel il va fortement se spécialiser. Le surefficient aura davantage tendance à être polyvalent. En dehors de ses domaines de prédilection, il s’intéresse potentiellement à tout et n’importe quoi (surtout n’importe quoi). Un HP a toujours quelque chose de complètement inutile à vous apprendre.

  •   L’autiste se présente comme un être logique et « rangé », parfois perçu comme dénué de fantaisie dans ses intérêts et ses activités. S’il peut être une personne très logique, le surefficient conserve un aspect intuitif et délirant (on rejoint cette histoire de puérilité). 


J’sais pas si Maud Pie est autiste, mais c’est clair qu’elle a un intérêt spécifique pour les cailloux…

Mais alors, La Chouette, qu’est-ce qui se passe si on est un HP avec des traits autistiques ou atteint du syndrome d’Asperger ? (Note : le syndrome d'Asperger est à différencier des descriptions au-dessus, qui concernent l'autisme d'une façon générale.) La question est légitime, puisque ces deux cas présentent des caractéristiques contradictoires. Eh bien ça, c’est hors de ma portée. La problématique du rapport haut potentiel-autisme est extrêmement complexe, en raison de la proximité et de la mouvance des catégories dans lesquelles on s’évertue à ranger tout ce beau monde. Comme pour tant d’autres sujets, on ne peut définir précisément de frontières et les découvertes successives amènent à réajuster sans cesse les étiquettes.

Ce que je peux affirmer à ce propos, c’est qu’il existe autant de formes d’autismes que d’autistes et autant de formes de haut potentiel que de HP. Comme tout le monde, chaque autiste et chaque HP est unique et a sa propre façon de vivre et d’exprimer son individualité. Et puis, qu’il s’agisse d’autisme ou de haut potentiel, il est contre-productif d’enfermer les gens dans des cases : il n’y a pas de nette cassure entre un autiste et un neuro-typique ou entre un HP et un non-HP, mais des caractéristiques augmentant progressivement en intensité jusqu’à un point de bascule déterminé par des analyses et calculs. Chaque personne se positionne quelque part sur l’échelle d’intelligence de Wechsler, et chaque personne autiste se positionne quelque part sur le spectre autistique. Ces deux continuums peuvent se croiser à tous les endroits et donner lieu à un nombre infini de combinaisons, qu’elles soient harmonieuses ou paradoxales. 

On pourrait se dire que de toute manière, un HP est déjà un paradoxe vivant, et qu’on n’est plus à ça près… C’est une des raisons pour lesquelles le syndrome d’Asperger est si fastidieux à détecter chez eux. Mais si vous voulez mon avis (et même si vous n’en voulez pas je vous le donne quand même, parce que c’est mon article et que je fais ce que je veux), à des niveaux de confusion pareils, la priorité est de permettre à l’individu d’apprivoiser le hamster dopé qui fait tourner la roue dans sa caboche, ainsi que d’être accueilli avec bienveillance par son entourage. Que ce hamster se nomme Cachou ou Jean-Bernard n’a pas grande importance tant qu’on a constaté ce dont il a besoin pour être épanoui.

Note : suite à une remarque d'un lecteur, je précise que cette dernière partie n'a pas pour vocation de minimiser le vécu des HP et des personnes atteintes d'un trouble du spectre autistique. Elle sert à souligner le fait que les autistes et les HP, avant d'être des porteurs d'étiquettes, sont des individus à part entière qui aimeraient vivre un quotidien où on les respecte et où ils peuvent être eux-mêmes. 


Chouettement vôtre

25 commentaires:

  1. Votre article tombe a pic; je me suis parfois interrogée sur mon mode de fonctionnement 'différent' et je dois dire qu'il m'a fallu plusieurs décennies pour comprendre que tout le monde ne fonctionnait pas comme moi...J'ai effectivement pensé à une forme d'autisme ces dernières années, vue mon hypersensibilité, tout en me sentant ridicule, voire honteuse...j'ai eu ce soir un début de résultat avec un diagnostic de 'surdouée', avec toute l'incrédulité que cela éveille en moi...Tellement idiot de voir ces mots écrits pour soi quand on se sent si souvent stupide et inadaptée dans ce monde! tout en me disant que décidément, si moi je suis ainsi, alors tout le monde l'est...je vais y réfléchir parce que au fond, l'objectif est de parvenir à me sentir mieux au milieu des autres et comprendre enfin qui je suis et accepter mon identité (avec laquelle je lutte depuis mes 8 ans!); j'aurai 63 ans la semaine prochaine...me reste t il du temps suffisant pour combler mon déficit?

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    1. Bonjour !
      Bien sûr qu'il reste du temps. Il restera toujours du temps, tant qu'on aura le courage de courir avec lui.
      Beaucoup d'arborescents (c'est mon mot personnel pour désigner les haut potentiels/surdoués, parce que j'aime ni l'une, ni l'autre appellation) sont dans votre situation, à comprendre pourquoi ils se sont toujours sentis différents. J'ai eu la chance de passer des tests très jeune, donc je ne connais pas votre situation, mais vous n'êtes pas seule, et je suis certain que le fait de rencontrer des personnes vivant la même chose que vous pourrait vous aider à avancer ! :)
      Faites une recherche sur le MENSA. L'aspect un peu "sectaire" de l'association me rebute un peu, personnellement, mais ça reste un grand réseau dont la plupart des membres sont/ont été dans le même cas que vous.

      Bon courage.

      Amour et chocolats.
      Joyeuses fêtes.

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    2. Bonjour le petit monde de Marine
      Nous sommes quelques uns à découvrir passé 50 ans que ; un peu bizarres voir un peu idiots les avis de l'entourage divergent, c'est selon ;)n'est en fait qu'un fonctionnement différent . J'ai eu un peu le même parcours, croyant avoir des troubles autistiques " et je le crois toujours" il avère que je suis aussi hp . Mais de quel déficit parlez-vous ? Comprendre pourquoi en quoi nous sommes différents ne nous oblige pas à devenir "normaux" Il existe des pistes pour s'adapter dans certaines circonstances sans se faire trop mal . Enfin bien que pas grande adepte du tchat 60 ans :) si vous souhaitez entrer dans mes contacts fb , bienvenue Viq Hen

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    3. Bonjour Le petit monde de Marine !

      Tout d'abord félicitation pour votre courageuse démarche : s'engager dans cette voie à votre âge ne doit pas être de tout repos. J'ai personnellement eu du mal à digérer mon diagnostic, alors que j'avais à peine 20 ans ! Alors je suis toujours impressionnée par ceux qui, à 40, 50, 60 ans, passent des tests et prennent des mesures pour recréer une vie plus en adéquation avec leurs besoins.

      Outre les associations, vous pouvez vous inscrire sur des forums de discussion pour HP (comme Adulte Surdoué ou Zebra Crossing) qui organisent régulièrement des rencontres entre membres et permettent d'en apprendre plus sur le fonctionnement zébré. Il existe également pas mal de groupes Facebook.

      Maintenant, comme dirait Daniel Tammet (HP et Asperger) "L'important n'est pas de vivre comme les autres, mais parmi les autres". Vous êtes différente de la norme et le resterez : autant apprendre à l'accepter et à composer avec cette différence.
      Personnellement, j'ai mis plus d'un an pour parvenir à différencier ce qui relevait de la douance en général et ce qui relevait de ma propre personnalité. C'est compliqué, parce que tout un tas de croyances sur le monde et sur soi s'effondrent et on se retrouve désorienté : normo-pensants, HP, nuances diverses et variées... trop d'éléments nouveaux qui débarquent d'un coup ! Il a fallu que j'étudie le sujet en profondeur, d'une façon obsessionnelle, pour m'y retrouver dans ces méandres inquiétants.

      Mais après le choc de la révélation et une période de "déconstruction/reconstruction", on finit par intégrer le diagnostic à sa personne entière : on n'y pense plus systématiquement, on cesse de se définir par ça, on ressent de moins en moins le besoin de l'affirmer... Finalement, on s'aperçoit que c'est notre être dans son intégrité qui cherche l'épanouissement, pas juste une part de nous que le sort a dévoilé aux tests. Plus que du temps, je crois qu'être bien entouré est la clé pour parvenir à cette paix en soi, permettant une meilleure adaptation au reste du monde : en rencontrant des gens comme vous, tout pourrait bien changer, et en positif ;)

      Bonne continuation :)

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  2. merci pour cet article ! plein d'humour et de bon sens ! je pense ainsi également : on est l'un ou l'autre mais pas les 2 puisqu'ils s'opposent sur certains points.
    petit message à martine : je ne suis pas pro mais la grande question réside dans le fait de comprendre (ou pas) les autres, sentir les choses et les gens (ou pas)savoir s'exprimer et se faire comprendre (ou pas) et non pas de se sentir à l'aise ou à sa place avec les "autres" (on n'y est pas HP ou aspie lol)... rien qu'à vous lire, je sens le Hp à plein nez (grande sensibilité exprimée que l'on ne retrouve pas généralement quand les aspies écrivent sur les forums, cette froideur apparente transparait généralement à l'écrit et là je sens au contraire une extrême sensibilité, à fleur de peau et toute cette culpabilité que je reconnais bien ;-))

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    1. De rien, c'est un plaisir d'informer et de distraire à la fois ^^
      Je ne pense pas que les aspies écrivent forcément avec froideur (en tout cas ce n'est pas systématique, j'en ai lu pour ma part de très sensibles et drôles). Peut-être que la combinaison aspie + QI élevé (pas forcément HQI) amène de meilleures facultés d'adaptation et permettrait à l'individu de développer son empathie au fil du temps. Ceci expliquerait pourquoi on peine tant à diagnostiquer le syndrome d'Asperger chez les HP, éloignés des représentations archétypales... (et pourtant, il existe chez eux aussi !)

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  3. Bonjour, Merci pour cet article très intéressant. Il concerne surtout des catégories et leurs différences. Connaissez vous des sites ou blogs ou l'on donne des conseils très pratiques pour une belle approche envers des enfants HP, hypersensibles qui ne parviennent par exemple pas à intégrer certaines règles sociales. Je trouve très peu d'informations à ce sujet. Merci

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    1. Y'a pas de quoi ! ^^
      Là je pense au blog Les Tribulations d'un petit zèbre, dont l'auteure a un jeune fils HP qui fait souvent l'objets d'articles. Sinon il y a le forum Adulte Surdoué, qui offre beaucoup d'informations et de témoignages de HP dans tous les aspects de leur vie (la famille en faisant partie). Il faut creuser un peu dans le forum pour dénicher pile ce qu'on veut, mais ça devrait se trouver.
      A part ça, peut-être des associations d'aide aux HP, comme Cogito'z...

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  4. Utile de reconnaître que les diagnostics comme HP, HPI etc. n'existe pas hors de la France, ne sont pas reconnus comme tels à l'international, et n'apparaissent pas dans les classifications des diagnostics internationaux (ICD, DSM). À noter également qu'un test d'IQ n'est ni nécessaire ni obligatoire pour le diagnostic d'autisme, et n'entre pas dans les critères de diagnostic.

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    1. Merci pour ces précisions !
      Le HP n'étant pas considéré comme un trouble, mais juste comme une particularité cognitive, il semble logique qu'il ne figure pas dans une classification officielle type DSM.
      J'avais lu en revanche que dans certains pays, comme les Etats-Unis, mettre en avant son QI n'était pas mal vu (alors qu'en France, on trouve cela prétentieux).

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  5. Merci pour cet intéressant article.
    équilibré dans la mise en perspective des points de vu.

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  6. Merci c'st très clair!
    cependant être à la fois hp et asperger...c'est un mix de tout ce qui est décrit ici, parfois en éléatoire, et bien difficile à démêler, et à exprimer surtout aux professionnels sensés nous aider......vaste sujet et de plus pas du tout étudié comme il se devrait. Une maman hi aspie d'un ado hî aspi.....(et d'autres zatypiques.)

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  7. Intéressant les perspectives, les divergences, les ressemblances. Je n'aime pas l'appellation HP parce que d'une part, elle est utilisée pour désigner l'hôpital psychiatrique, ensuite parce qu'un potentiel est quelque chose "à venir", comme si ces personnes n'avaient rien à offrir sinon la possibilité de quelque chose. C'est comme cela que je le ressent en tous cas!
    Au delà des tests de QI, celui qui m'a été le plus révélateur est celui des matrices de Raven (Raven matrix) qui évalue la capacité de résoudre des problèmes en dehors du langage et du cognitif. Je suis passé toute ma vie sous les radars, malgré mes demandes répétées d'évaluation. Médecins, psychologues et psychiatres jugeaient mes capacités globales trop élevées pour pouvoir présenter un problème quelconque. Aujourd'hui cependant, en Amérique du nord et en Angleterre, on teste
    dès qu'une difficulté persistante à conserver un emploi se manifeste. Moi, j'ai biaisé toute ma vie en travaillant à mon compte. Peu de gens pouvaient noter mes difficultés, mes instabilités. Il a fallu un psychiatre chercheur universitaire, spécialisé dans l'autisme, pour parvenir avec un de ses élèves à me placer de façon précise sur le spectre autistique à une place qui n'existe dans aucun traité; syndrome d'Asperger ET autiste avec douance (HP en France; je vis au Canada...). Diagnostique très tardif, qui donne un relief particulier à ma vie, mais me permet maintenant d'avoir une idée précise de ce qui demande des ajustements dans ma vie. L'essentiel étant l'acceptance autant des forces que des limites et le renforcement de l'estime de soi. Personne me connaissant, ou me rencontrant pour la première fois, ne peut voir autre chose qu'un gars assuré, confiant, et avec un cerveau carburant en permanence (ce qui peut avoir un certain charme, ou être carrément chiant, c'est selon!). Et pour ajouter au bazar, en plus des sciences, des technologies, je suis passionné par les arts, la littérature, la poésie, la nature...
    Merci de partager ton experience et ta vision, c'est enrichissant!

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  8. Merci pour ce partage sdf... de luxe. Je me reconnais à 100% dans ton histoire. Et je ne dois pas être seul/le. Même si aujourd'hui, je passe pour une HP d'apparence, super intelligente, imaginative et ouverte à de multiples domaines, la gestuelle improbable de mon enfance/adolescence/début d'âge adulte me fait penser que je suis Asperger. J'avais cette démarche saccadée, ces moulinets des bras, ce rire trop fort, ce regard fixe, cette obligation de me balancer au moindre son de musique, ces rituels bizarres, notamment au moment du coucher, cette incapacité à connaître ma gauche de ma droite, cette habitude de me cogner partout, etc...
    Merci à chouette masquée pour cet excellent article.

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  9. Merci pour tous vos commentaires, et à eux ceux qui ont partagé leur propre expérience.
    Je vous souhaite bon courage à tous avec vos difficultés et vos questionnements, qu'ils portent sur le HP, les troubles du spectre autistique ou les deux.

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  10. J'ai découvert ton blog il y a quelques heures et je crois déjà avoir lu la plupart de tes articles. Vraiment merci de nous faire partager tes réflexions, te lire est passionnant !

    Comme tu as l'air de très bien connaître toutes ces questions, je voudrais te demander si à ton avis le fait d'avoir un haut quotient dans un seul domaine est significatif.
    Personnellement, j'ai eu autour de 150 à l'échelle verbal et 100 en raisonnement perceptif, ce qui apporte beaucoup plus de questions que de réponses.
    On pourrait penser à un surinvestissement dans le verbal, mais à l'époque où j'ai passé les tests, j'étais jeune et je n'avais pratiquement aucune stimulation intellectuelle ou culturelle (je ne viens pas d'un milieu culturellement favorisé et dans les premières années de mon adolescence j'ai vraiment vécu en mode mollusque) ... Je me retrouve partiellement dans les descriptions des HP, mais il est clair que mes résultats m'excluent de cette catégorie.

    Dans un tout autre registre, le type INFP du MTBI m'intéresse énormément, parce qu'il me permet de penser mes spécificités. Ah oui parce que depuis mon enfance, j'ai vraiment le sentiment qu'il y a chez moi quelque chose qui cloche (et lorsque par hasard je l’oublie, des bonnes âmes se chargent de me le faire remarquer).

    Te semblerait-il pertinent de voir dans le mode de fonctionnement du type INFP, l'expression d'une intelligence à forte prédominance verbale, éventuellement (mais pas obligatoirement) associée à quelques déficits au niveau des formes d'intelligence plus instrumentales et pratiques ?

    Il me semble vraiment voir de grandes similitudes entre certains traits INFP(don pour manier le langage,qualités d'analyse lorsque le Ne est bien développé, perdu dans son monde, facilement distrait, difficulté à s'imposer une discipline et à organiser le quotidien, etc.) et le type de profil cognitif qui est décrit dans mon bilan de qi : facilité à catégoriser, conceptualiser, rapidité de traitement des informations verbales, etc. assortie de difficultés au niveau de la restitution de certains acquis mathématiques et au niveau visuo-spatial, ainsi que possibles troubles de l'attention.

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    1. Salut, merci d’avoir pris le temps d’écrire autant !

      Au WAIS IV, 150 est le score maximum des indices, leur plafond. Si tu obtiens 150 à l’un de tes indices, avec la note maximum à tous les subtests, cela signifie que l’indice est potentiellement tellement élevé qu’un test standard ne peut pas le calculer. Cela ne peut que démontrer des capacités exceptionnelles dans ce domaine. D’ailleurs, chez les HP, c’est souvent l’ICV le score le plus élevé.
      C’est drôle, ton profil me fait penser au mien, puisque j’ai un ICV à 150 et un IRP dans la moyenne. Et j’ai également grandi en manquant énormément de stimulation intellectuelle (je ne saurais te dire si mon profil relève de l’inné, de l’acquis ou des deux. Mais je crois que je serais plus équilibrée si l’on s’était bien occupé de moi). Ceci dit, je n’ai pas un tel écart entre mes deux scores… déjà que ce décalage interne me pose souci, je n’imagine pas ce que tu dois vivre avec une telle hétérogénéité. Courage à toi !

      C’est surprenant que malgré cela, ton psy ne t’ait pas considéré comme HP… Tout doit aussi dépendre de tes deux autres scores et de tes résultats aux autres tests. (En tout cas, j’espère qu’il ne t’as pas jugé qu’au QI global : avec une telle hétérogénéité, ça n’a aucun sens, il ne devrait même pas le calculer !).
      Mais HP ou non, dans le fond ce n’est pas ce qui compte : les tests ont mis en évidence un profil très complexe, soulignent certains de tes talents et permettent d’expliquer tes difficultés. Et avec à peu près 150 en ICV, tes capacités verbales et conceptuelles sont largement hors de la norme : il est évident que tu vis un décalage avec les autres. Cela ne dépend pas que de l’étiquette HP, c’est juste la conséquence logique de ton fonctionnement sur les plans verbal et conceptuel : un certain pourcentage de la population doit avoir du mal à comprendre tes raisonnements, ce qui amène à tes situations gênantes et t’a sans doute exclu à moult reprises.

      Et pour le reste, 100 n’est pas un « déficit », c’est juste… la moyenne ! Mais quand on est très à l’aise quelque part, il est normal de considérer comme des faiblesses les parts de soi qui ne suivent pas le mouvement… En fait, on aimerait être aussi doué partout que dans son domaine de prédilection, et quand on ne l’est pas on en déduit « Je suis nul », « Je ne vais pas y arriver ». C’est une expérience commune chez les personnes dotées d’un potentiel hétérogène ;)

      Pour ma part, je suis terrorisée quand je réalise que je ne comprends pas quelque chose, que je n’arrive pas à le faire… J’ai juste envie de m’enfuir en courant et de ne plus jamais réessayer, pour ne plus jamais ressentir ça. Bon bien sûr, avec le temps je mûris, j’apprends à m’autoriser à ne pas tout maîtriser en deux temps trois mouvements :P Parce que douiller est un art et accepter de ne pas être un génie multitâche est un combat contre sa fierté ! Si tu te bats sur le même champ, je te souhaite encore courage et détermination :)

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    2. Merci infiniment d'avoir pris le temps de répondre à toutes mes questions. C'est super sympa de ta part, et puis tes réflexions sont passionnantes, ça apporte vraiment de l'eau à mon moulin. Je dois dire que tout ce que tu me dis là me soulage énormément, parce que je passe mon temps à avoir l'impression de me chercher des excuses et à me reprocher de ne pas faire assez d'efforts pour m'adapter aux autres.

      A l'époque, la psy qui m'avait testé avait également parlé de précocité, mais je n' ai pas pris longtemps ce diagnostic au sérieux, puisque mes différents résultats ne correspondaient pas au profil HP décrit dans les bouquins. (Mes scores en IMT (110) et IVT (132) ne me paraissent pas très significatif du point de vue d'une supposée précocité intellectuelle). Je n'ai donc finalement retenu que l'aspect très hétérogène et me suis focalisée pendant des années sur mes "manques".

      En tout cas, cela fait vraiment du bien de pouvoir échanger avec un autre extra-terrestre au profil un peu comparable, on se sent moins seul ! Tu dis que tu vis difficilement ce décalage, as-tu aussi souvent ce sentiment d'être bête, incapable ou en situation d'imposture ?

      Beaucoup de courage à toi aussi, et de nouveau un grand merci pour tous ces articles captivants. Ça fait longtemps que je n'avais pas eu un tel coup de cœur pour un blog^^

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    3. De rien, avec plaisir ! (Et je suis touchée par les compliments !) Je ne suis pas toujours aussi rapide pour répondre, mais là tu as eu du bol, j’étais inspirée et j’avais un peu de temps.

      Eh bien : si ta psy a dit que tu étais HP, tu es HP, point barre. Le haut potentiel n’est pas un diplôme que l’on doit mériter et honorer en toutes circonstances, sous peine de se le faire retirer par la Haute Autorité des HP (« Vous n’avez pas résolu cette équation Mademoiselle. Veuillez nous rendre votre carte d’adhérente et rejoindre le parc à huître, s’il vous plait –apparemment, vous avez le même QI que ces fascinants animaux. Shame on you, tpff, j’te jure elle s’est cru où, l’autre. »). C’est simplement un style de cognition, confirmé par des professionnels au moyen d’évaluations qualitatives et quantitatives. Tout le bagage qui va avec n’existe que dans nos têtes, dans nos préjugés…
      Tu n’as pas à prouver au monde ni à te prouver à toi-même que tu es HP : cela signifierait que tu es tellement occupé à poursuivre un idéal déconnecté de la réalité (le génie parfait) que tu ne prends pas conscience des qualités que tu possèdes déjà. Ces qualités, il n’y a qu’en les conscientisant qu’on peut les développer. Et le bilan que tu as passé en a mis certaines bien en évidence, si je ne m’abuse :)

      Au fait, cette histoire de la barre des 130 de QI n’est valable que lorsque que le QI est assez homogène. Et en théorie, un potentiel est dit hétérogène au-delà de 15 point de différence entre l’indice max et l’indice min. (Tu comprends pourquoi j’étais impressionnée de voir un tel écart dans ton cas, ce n’est pas commun.) Des tas de HP ont un QI global un peu en-dessous de 130 et sont tout de même considérés comme tels, car le psy a estimé que ce score global n’était pas significatif.
      En comparaison : imagine qu’on veille évaluer le niveau de sportivité d’un champion de boxe. Si on l’évalue sur de la boxe, sa spécialité, il va obtenir un excellent score. Mais si on le balance dans une piscine et qu’on lui demande un 100m papillon, ça risque d’être médiocre. Et si l’on fait la synthèse de ces deux scores, un excellent et un médiocre, on obtiendra un total dans la moyenne. Pourtant, on ne peut pas dire qu’un champion de boxe est un sportif de niveau « moyen » : c’est un grand athlète ! Ce calcul n’a donc aucun sens. On dira juste que c’est un sportif de haut niveau, même s’il n’est pas bon partout, et l’un n’empêche pas l’autre.

      C’est exactement pareil pour un HP au QI hétérogène !

      Ah ces HP et leurs remises en question, un vrai problème n'est-ce pas ? Je ne parle même pas de quand ils sont en plus NF :P

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    4. Quant à la sensation d'être stupide, oui, ça m'est très souvent arrivé. Je dirais même que je me suis plus bien souvent trouvée idiote qu'intelligente dans la vie... Mais cela me passe avec le temps, au fur-et-à-mesure que j'accepte mes faiblesses en comprenant mieux leurs tenants et aboutissants. :)

      Ce sentiment me prend quand je ne comprends pas une consigne que l'on m'explique ou quand je n'arrive pas à faire quelque chose (le plus souvent : accomplir une performance motrice -j'ai des mouvements mal coordonnés, on sent bien l'ICV à la traîne-, calculer mentalement ou parler une langue étrangère). Je me sens confrontée à un vide immense en moi, un vertige extrêmement angoissant, une sensation de ne rien contenir d'utile pour me tirer de cette situation. Pendant le passage du WAIS, la psy a dû interrompre l'épreuve de calcul mental car je frôlais l'attaque de panique. Je présume que cela me passera en prenant confiance en moi, avec le temps et en osant pénétrer dans ce "vide" au lieu de le fuir...

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  11. Merci encore d'avoir pris le temps de répondre à mes interrogations. Ce que tu dis es plein de bon sens et me donne à penser. Je crois qu'un de ces jours tout de même, je finirai par prendre rdv avec un neuropsy pour pouvoir lui poser quelques questions. Si j'apprends des choses intéressantes, j'en ferai part ici, sans aucun doute ! Il y a quelques temps, j'avais eu sous les yeux des études évoquant l'idée de haut potentiel spécifique (par opposition à ce qui serait un HP "général"). Lorsque j'aurai le temps, j'essaierai de creuser un peu la question, car ça me semblait très intéressant, même si les analyses semblent parfois peu étayées vu la faiblesse numérique des échantillons.

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  12. ah ben , me voila dans le bon bain , on est de la meme planete a vous lire.
    merci La Chouette masquee .
    Pour ma petite histoire elle a commence apres des tests a l ecole , j avais 15 ans. Je m etais bien amuse avec certains tests , dommage je n avais pas pu finir .. Ensuite , resultat .. excellente vision spatiale ? dit comme cela, ma mere a repondu .." ah oui , il est toujours dans la lune " je n ai jamais eu mon score , juste que c etait le meilleur score pour l ouest de la France .. Bon a l epoque ,la France n etait pas encore ce qu elle etait ,et l ouest , ce fut ensuite tres a l ouest . J ai mis les voiles , loin ,Pacifique d abord , les iles, puis etudes d agronomie tropicale , en Australie , Canada , puis Colombie depuis 10 ans .. Dans le spatio-terrestre aux quatres coins , dans les coins , mais dans leurs rondeurs.
    Oui , j ai compris beaucoup plus tard , l interet pour l image mentale , du coup l architecture les arts la sculpture la geometrie ..en pensees mais appliquees et realisees , la tete et les mains .Creer sa realite , dans ce sens , enfin pour etre satisfait .. pour un temps , parce qu il y a tellement a creer, les stimulii doivent etre permanents , sinon ce n est pas marrant.. le jeu , mais un jeu solitaire , d expression de soi. Je peux me raconter des blagues et me tordre de rire , pret pour vivre 50 ans de plus, dans un bunker .. quoique , non plus.

    Et maintenant 59 ans , je vis en Colombie , dans les montagnes , et je construis mon parc botanique , en architecte du paysage .. encore mieux que l architecture de constructions. Oui , il faut que le cerveau soit stimule , sans arret , pas par vouloir , mais par besoins. Et faire plusieurs choses a la fois , etant presents dans chaque .. un jeu de plaisir.
    Donc HP , peut-etre ,mais tres selectif, pour ma part .. vu les forts interets, uniquement dans le viso spatial . Nul en calcul mental, les multiplications, oups, quant aux divisions ¿.. pourquoi diviser quand il faut unir le monde ? c est sur que comme dit Chouette masquee , faire la moyenne , et je me retrouve en qi d huitre au moins. Le handicap , le mien , est venu de la .. 1+1 = 2 ? sans blagues , moi je le vois comme une unite plus une unite , ne font pas 2 different, mais 1 en plus grand ..Bon , "faut pas discuter , faut accepter .." oui ,mais .. et au choix, tu prends la porte , on te la montre, ou tu la fermes. J ai choisi la 3eme option , pour un temps du moins ..Apres ce fut beaucoup de voyages , la porte des etoiles.
    Maintenant 59 ans ,on peut se construire quand meme , avec ce handicap de HP en 1 , et nul en reste ou presque .. du moment qu il y a des images mentales qui se creent , ça va ..mais ce n est pas un delire cinematographique non plus , non la logique , et logique superposee a logiques . En plusieurs dimensions , c est encore mieux.
    Mais etre a l aise dans le monde .. hum , pas vraiment. Des relations choisies , oui , le contact avec la nature , les animaux , pour moi , c est vital .Ma source de bonheur . Parce que le but , c est d etre heureux, s accepter comme l on est, comme l on ne . Et faire son chemin, en fonction. probablement plus facile aujourd hui , vu qu il y a des gens qui peuvent comprendre et aider .. des gens a l ecoute. Ce qu il ne faut pas , c est s enfermer dans une case , meme si elle semble la bonne , mais se realiser, s accomplir .. bon vent malgre. Faire son propre chemin .. Reussite personnelle , plus que reussite sociale , enfin chacune chacun voit .Ne pas compter trop sur la societe pour accepter les differences non plus .. l'épreuve de calcul mental et l'attaque de panique .. ah oui ! oh combien meme ! Le vide n est pas forcement angoissant , le point 0 de la meditation, le vide plein , j ai appris cela en Inde ..c est une voie, une façon d Etre, un etat. Meme le temps suspend son vol , donc plus de chiffres . Peut -etre que si les chiffres avaient leur image , je ne serais pas perdu avec eux ?
    s exprimer est bien , etre compris , c est beaucoup mieux .
    bruno

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  13. Je suis autiste et peu être également HP, j'ai un diagnostique pour l'autisme mais pas pour la douance (mon QI est incalculable à cause des résultats hétérogènes), ce qui est marrant c'est que dans tout les traits autistiques et HP que tu as décrit la plupart du temps j'étais les deux à la fois, parfois j'étais seulement HP. J'ai bien aimé ton article mais la phrase "L’autiste peut avoir un retard affectif, qui se manifeste durant l’enfance et peut se poursuivre à l’âge adulte." me laisse perplexe... je comprend pas son sens, est ce que tu pourrais développer?

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    1. Bonsoir !

      Mes descriptions établissent une nette différence entre les deux particularités, mais bien sûr rien n'empêche que quelqu'un puisse en emprunter des deux côtés.

      Pour cette phrase, je tiens cela de connaissances autistes de haut niveau adultes (pas HP, de 20 à 35 ans), qui m'ont expliqué avoir un retard affectif depuis l'enfance. (Je l'avais aussi lu dans plusieurs articles, mais c'est bien d'avoir aussi un aperçu de la réalité.) Toutefois, pour certains, ça s'est tout de même atténué avec le temps, ce n'est plus aussi évident qu'auparavant. Par exemple, ils gèrent beaucoup mieux les interactions sociales, alors qu'enfants/adolescents ils surinterprétaient tout (ex : "Cette personne ne répond pas à mon sms, elle me déteste, je suis angoissé", alors que la personne est juste occupée ou son téléphone déchargé.).
      Ce que je voulais dire, c'est que les caractéristiques peuvent s'amplifier ou diminuer au cours d'une vie, en fonction de l'individu...

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  14. je vois, merci pour ta réponse :)

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